Issue d’une famille de diplomates et de militaires de carrière dont les diverses affectations les avaient menés de l’Extrême-Orient aux pays du Maghreb, elle sera la première génération à vivre en métropole.

1936 Elle naît à Boulogne, dans les Hauts-de-Seine ; son père, jeune interne des hôpitaux frais émoulu de la faculté de médecine d›Alger, avait élu domicile à Paris pour effectuer un stage à l›hôpital militaire du Val-de-Grâce, en vue de son intégration dans l’armée.

1939-1963 Après avoir passé sa petite enfance au Maroc, puis en Algérie, durant la guerre, elle revient en 1946 à Paris où s’installe sa famille, et elle débute ses études secondaires à l’institut Notre-Dame-de-Sion.

Très vite, ses professeurs, constatant ses dons pour le dessin, engagent vivement ses parents à la diriger dans cette voie ; eux-mêmes, très impliqués dans le domaine des arts du théâtre et de la musique, lui feront suivre ses premiers cours de dessin à la célèbre Académie Julian, rue du Dragon. Ce furent des moments décisifs qui la conduisirent quelques années plus tard, adolescente, à entreprendre de passer les concours d’entrée à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.

1956 Reçue, elle choisit la sculpture et entre dans les ateliers d’Hubert Yencesse, de René Collamarini pour la taille directe et d’Alfred Janniot pour l’art monumental.

À l’école des Beaux-Arts, ses camarades seront Roland Topor, César, Georges Jeanclos. Ces années riches de rencontres la détermineront à se présenter au « concours du prix de Rome » ; en parallèle, elle participe à de nombreuses expositions à Paris : Comparaisons, salon des Tuileries, salon Formes humaines au musée Rodin.

Depuis 1911 et pour l’unique fois, le prix de Rome n’avait plus jamais été attribué à une femme ! On ne manqua pas de le lui faire remarquer, gentiment ! Elle ne se découragea pas et décida de se présenter aux différents éliminatoires, jusqu’à être parmi les douze derniers finalistes.

Isolée, en loges durant les trois mois impartis, elle entreprit de sculpter, sur le thème imposé « le Vent », un couple luttant dans un orage sentimental.

1963 À la surprise générale, recueillant tous les suffrages, ce fut son nom qui retentit dans les salles de la Melpomène, quai Malaquais, lieu où le jury se réunissait chaque année pour l’attribution du prix de Rome. Elle avait vaincu cet opprobre qui jusque-là excluait les femmes de ce titre envié : «Prix de Rome». Les portes de la villa Médicis s’ouvraient devant elle ! À son arrivée à la villa Médicis, au mois de janvier 1964, ce fut le peintre Balthus qui l’accueillit, récent directeur de ce prestigieux palais, homme incontournable dont la personnalité énigmatique la marquera profondément.

Dans l’atelier qui lui avait été dévolu, à San Gaetano, autrefois occupé par J.-D. Ingres, lieu de méditation caché au fond de hautes haies de lauriers dans les jardins de la Villa, elle prit conscience, tout au long des quatre années où elle l’occupa, de l’immense privilège qui lui avait été accordé.

Désormais, elle pouvait vivre sa passion de sculpter sans contrainte, avec pour compagnons ses illustres prédécesseurs qu’elle avait toujours admirés, Carpeaux, Bizet, Debussy, Garnier, Berlioz, Massenet.

Dorénavant elle se devait de mériter cet honneur dans la sérénité de ce lieu en toute liberté de travail. La ville de Rome, si proche, lui donnait à découvrir la sculpture sous toutes ses formes, des Étrusques au Baroque. Ivre de cet environnement extraordinaire, elle put enfin entreprendre des réalisations importantes, des travaux en fonderies, et, surtout, travailler avec les artisans italiens du quartier populaire du Trastevere.

À l’Académie de France, non loin de son atelier, un jeune peintre, Jean Marc Lange, récemment nommé, devint son compagnon de travail ; ensemble ils sillonneront l’Italie à la découverte de ses richesses : Piero della Francesca, Giotto, les Étrusques, Florence, les plages d’Ostia.

À leur retour en France en 1972 ils installeront leurs deux ateliers à La Celle- Saint-Cloud et se marieront dans cette charmante bourgade.

Dès 1975 elle met en œuvre la création d’un mobilier sculpté : tables, sièges, consoles, pièces d’orfèvrerie, un service à poisson en faïence commandé par la faïencerie de Gien, et bijoux en or et argent sur le thème de l’oiseau et de l’éléphant amoureux.

En 2014, dans les salons d’exposition de l’hôtel de ville de La Celle-Saint-Cloud, elle a présenté un important ensemble de ses œuvres avec les peintures de Jean Marc Lange.





JACQUELINE GEORGES DEYME - Dolce Vita - 2011 - Grès blanc réhaussé à la feuille d’or 18 ct - 55 x 23 x 23 cm





JACQUELINE GEORGES DEYME - Com’ era graciosa - 2010 - Grès blanc réhaussé à la feuille d’or 18 ct, - 65 x 22 x 10 cm





JACQUELINE GEORGES DEYME - Anche voi - 2010 - Grès blanc réhaussé à la feuille d’or 18 ct, - 64 x 21 x 20 cm








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